Salutations amis lecteurs, ici Gruic,

Aujourd’hui j’aimerais vous narrer une aventure: celle d’une Réunion à Milan à en faire pâlir Genova tout en adoptant ma position de joueur. Pour cet article en particulier, cette épopée sera la mienne en produisant un exercice auquel je ne suis que trop peu familier, m’inspirant des approches de Feefye, Saucisse ou encore Ned. Il s’agira donc d’une plongée dans les rondes du Main Event uniquement, mais 7D ne ferme aucune porte et d’autres articles sur les Europes pourront voir le jour. Avant de s’immerger dans la logique interne, j’ouvre une parenthèse externe pour saluer un événement solide d’une très belle ampleur servi par un staff de qualité, le tout fort riche en expériences humaines. Le cadre étant posé, allons-y !

Dans le fond, même si je ne consacre plus un temps conséquent à FFTCG, je nourrissais, enfoui, une envie de retourner aux Europes. Pour confirmer ? Peut-être. Pour affronter les meilleurs et réveiller le dragon en sommeil ? Probablement. Pour abandonner le temps d’un instant la constance de l’hyper-vigilance de père de famille pour épouser la voie de la camaraderie ? Assurément.

J’ai donc rejoint le Local Qualifier d’Alest en but d’obtenir la qualification et, cette dernière en main, j’ai compris le poids qu’elle représentait. En la saisissant, je privais d’autres joueurs du voyage. C’est une responsabilité. En outre, représenter la France à l’internationale nécessite un devoir de tenue et d’irréprochabilité. Aussi, même si en retraite de la scène nationale, je me devais de produire un résultat au niveau de mes collègues. J’ai donc sollicité mon binome Ned pour une mise à jour sur la meta et profité des 8 heures de voyage en voiture pour apprendre l’intégralité des cartes des derniers opus par cœur. L’étrangeté du format (BO1 deck A puis Deck B) projetait absolument tout et n’importe quelle éventualité. Il était possible qu’un deck soit choisi en A pour les uns, en B pour les autres et on risquait de se retrouver à affronter la même chose toute la journée. Face à cette bizarrerie, j’ai opté pour 3 decks que je connais par cœur : chevaliers, dragoon et mono-terre. Ce dernier étant à mon humble avis un peu à bout de souffle et sans surprise, je choisis Dragoon, un deck plus faible mais qui, sur le laps de temps réduit, m’assure de ne pas faire d’erreurs en jeu, tout en pouvant provoquer une méconnaissance de son fonctionnement chez l’adversaire. Perdre est une chose, perdre en faisant une erreur en est une autre. Le plan est simple : faire 4 victoires 0 défaite en phase 1, perdre la première ronde de phase 2, et ramper contre d’autres 4-X pour parvenir à 6-2. Le tournoi s’arrête à l’instant où la troisième défaite est prononcée, car plus de Top possible à ce moment là. What could be wrong ?

Je commence la journée en m’échauffant avec Aeclis. Une fois bien chaud, je répète mon rituel de concentration et la première ronde commence. Par souci d’anonymat, mes adversaires ne seront explicitement mentionnés que si j’ai quémandé leur accord en amont.

Consulter la liste du deck A

Mon adversaire propose un non verbal un poil nonchalant, comme si ce premier match allait lui servir de préparation. Je sens que j’ai un coup d’avance question mental tout en restant bien évidemment courtois et gentleman, la politesse n’étant jamais une option. Il gagne le toss et engage. Mono feu. Si je joue une ouverture habituelle soutien puis Curilla au tour suivant, il va me dominer et n’importe quel débutant sait faire ça. C’est trop attendu et surfait. Djé, Crixus, Fab, Umberto… j’ai passé des années aux côtés des meilleurs joueurs Feu. Je connais bien. Je décide donc de laisser mon adversaire mariner dans son magma. Discard Garland, warp Ramza, Steiner pour Ovelia. +1k, ça faussera ses maths et libre à lui d’Amaterasu un Ramza de cout 2. le moment venu. Au tour suivant je pose Larsa, tuto et passe de nouveau. Mon adversaire n’a pas d’avants à cibler avec ses soutiens mais doit quand-même les poser pour ne pas se faire distancer. Ramza arrive, suivi de Garland, suivi de Curilla. Ramza et Garland sont négociés, mais trop tard. Je refais Garland, je rewarp Ramza pour prévoir une nouvelle pression dans 2 tours. Curilla continue son travail. Mon adversaire ne reviendra pas.

Pour la deuxième ronde, je brique contre l’ami Sascha Stark. Mais ce n’est pas une excuse. Je perds lamentablement. Sascha analyse ma première main et me propose ce qu’il aurait fait. C’est mieux. J’avais une mauvaise main et j’en ai fait un mauvais play. Il avait une mauvaise main et en a fait une sortie décente. Je comprends que la différence entre les bons et les meilleurs réside dans la capacité à transformer le plomb en or. J’en tire une forte leçon et lui promets de ne plus faire aucune erreur. Ce sera le cas.

Pour ma troisième ronde, signe du destin, je brique à nouveau. Mais au lieu de prendre ça comme une fatalité, je reçois l’événement comme un défi. Ayant perdu le toss, je constate que mon adversaire joue FFXVI feu-glace. Je n’ai ni soutien, ni Curilla, ni Ramza ni Amaterasu, mais j’ai Lasswell, Physalis et… une carte de mon cru. J’avais précédemment retiré Linoa car je ne concevais pas l’intérêt de jouer aggro sur aggro, à plus forte raison que doubler le facteur chance n’est pas statistiquement recevable. A la place j’ai glissé Selh’Teus et Charlotte… 5 CP en x1. Jouable sur Sel et Ramza. Sauf que là, si je prends le contre-pied de défausser Lasswell, j’ai de quoi la payer glace en intégralité et donc de la jouer normalement. Je prends le pari, discard 3, play Charlotte. L’effet est immédiat, mon adversaire voyant toutes ses entrées dullées et gelées. Je rampe et remonte petit à petit. Victoire. 2-1.

Pour la dernière ronde en Chevaliers, nouvelle main sans Ramza et Curilla. J’ai Gauvain, aucun CP eau pour le lancer… mais j’ai Amaterasu et de quoi le payer. Et ayant perdu le toss, je pourrais piocher 2 cartes pour top deck une solution. Grâce aux playtests la veille avec Ned et Pelleg, je sais à quel point Amaterasu est puissant dans un deck à tendance agressive, et je décide de ne pas mulligan. Mon adversaire ouvre avec Sarah (FFL) pour 6. Je décide de hardcast Amat dessus. WOL 7 se retrouve sans guerriers de la lumière en main. Je pioche un CP eau. La partie est pliée.

Je termine donc la première phase en 3-1. C’est bien, je suis dans le haut du panier français. Mais je sais que ce n’est pas suffisant. Chevaliers devait m’apporter toutes ses victoires. Je commence la phase 2 peu serein.

Consulter la liste du deck B

Perdant le toss à nouveau, je découvre que mon adversaire joue mono-feu. Il est un peu stressé, sa première main semble le sortir de sa zone de confort. Je décide de creuser mon deck avec Ricaro et je remonte un Dragoon 2CP qui gagne 2k par copain sur le terrain. Je pose des soutiens, aucun avant. Puis je pose le fameux Dragoon à Xk et noie le terrain de ses alliés à pics. S’ensuit une lutte de removals et je finis par gagner, passant à 4-1.

En sixième ronde, une confrontation karmique me fait encaisser Curilla/Lasswell. En retour, Alus révéle Alus, mes maths sont faussées. Je me retrouve à devoir tenter la nouvelle Freyja, au risque d’encaisser un Amaterasu, ce qui arrive. Défaite totale. 4-2.

Je n’ai plus qu’une seule chance. La prochaine défaite signera la fin de l’aventure. Mes courageux Dragoon, ressuscités d’un autre temps en un monde qui a continué sans eux, se confrontent alors à Magissa, particulièrement belliqueuse, invitant une ligne d’avants redoutables. Je parviens à tenter une S de Freyja, mais mon adversaire répond Ifrit sur Magissa pour aller chercher Yuzuki, annihilant tout espoir de top. Clap de fin.

Je m’aperçois que seul Aeclis, le goat, est parvenu à se frayer une place pour le Jour 2 mais sera sorti ensuite en Top16. L’année n’est pas à la France. Un peu déçu, je reste fier d’être allé si loin, et apprécie de savoir le dragon encore présent en moi, capable de se réveiller lorsque la situation l’exige. FFTCG reste une scène compétitive que j’apprécie beaucoup et je vais garder un œil sur les saisons à venir.

Merci infiniment aux organisateurs et aux nombreux amis qui m’accompagnent dans cette aventure depuis si longtemps. Un jeu en or pour une communauté en or.

Que Altana vous garde,

Gruic.

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